Nora Husson, Conseillère Municipale à Dreux
Une certaine vision de la ville... solidaire, égalitaire et métissée
Année 2010, grande cause nationale contre les violences faites aux femmes ?
site mis à jour le 31 Janvier 2010
Appel aux élu-es contre les violences faites aux femmes en Eure et Loir
Il n’est pas un jour, pas une semaine sans que dans les pages « fait divers » de la presse locale, ne soit rendu public des cas de violences intrafamiliales, inceste, viol, violences conjugales. Cette actualité est renforcée par une réalité locale à laquelle les associations spécialisées, les associations de femmes, les missions locales, les services sociaux et services des urgences, les commissariats et gendarmeries sont confrontés.
La lutte contre les violences faites aux femmes a déjà une longue histoire en France. Elle a débuté en 1972 par deux journées de dénonciation des crimes contre les femmes à la Mutualité à Paris. Le 23 décembre 1980, après des années de manifestations, de procès exemplaires, d'actions de soutien aux victimes, une loi sur le viol définit enfin cette infraction comme un crime.
Mais la mise en œuvre de ce corpus législatif se heurte à la réalité des faits : il est très mal appliqué. En effet, alors qu'il y a d'un côté un consensus général proclamé pour condamner ces violences, de l'autre, la tolérance sociale est encore importante : des publicités incitent à commettre des violences et leurs promoteurs se retranchent derrière la liberté d'expression ou l'humour, un chanteur égrène des paroles d'une rare cruauté au nom de la liberté artistique, un cinéaste est rattrapé par une affaire de viol mais il doit être excusé du fait de sa notoriété et de son talent. Ce genre d'arguments ne serait, et on ne peut que s'en féliciter, jamais invoqué dans des affaires de racisme ou d'antisémitisme. Deux poids, deux mesures.
Bien plus près de chacun de nous, qui n'a pas été confronté à une minimisation des faits de violences à l'encontre des femmes : "elle a été violée, oui mais ça fait quatre mois, ça devrait passer maintenant", "il a bousculé sa femme mais c'est un homme si charmant. On entend parfois crier, mais c'est la vie".
Et tout cela influe, cela va de soi, sur les décisions des magistrats. En outre, rien dans la loi n'a été prévu pour organiser la prévention en amont. Celle-ci est laissée au bon vouloir des collectivités locales, par exemple, ou des chefs d'établissement scolaires. De ce fait, uniquement la répression est mise en avant. L'empilement des lois répressives (quatre lois sur la récidive, la rétention de sûreté et la castration chimique) ne permettra jamais de combattre ces violences. Un effort considérable doit être porté sur la prévention, l'éducation et la solidarité nationale.
Mais la volonté politique est-elle suffisante pour mener cette lutte ? Citons un exemple pour étayer cette interrogation. Le fait que les ex-conjoints puissent être incriminés pour des circonstances aggravantes de violences conjugales est une revendication ancienne des associations. En effet, la période de séparation est une période sensible dans le cadre des violences conjugales. Des femmes sont tuées à ce moment-là. Il a fallu attendre la loi du 4 avril 2006 pour la voir satisfaite ! De même, alors que le harcèlement moral au travail est considéré comme une infraction depuis 2002, on est toujours dans l'incapacité de définir les violences psychologiques au sein du couple !
Certes, des plans globaux triennaux de lutte contre les violences faites aux femmes existent (2005-2007, 2008-2010). Mais que dire, quand pour faire face au manque criant de structures d'hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales, on préconise leur hébergement dans des familles d'accueil comme si elles étaient mineures ?
L'Espagne ou la Suède font montre, elles, d'une véritable volonté politique de combattre ces violences. L'Espagne s'est dotée en 2004 d'une "loi organique contre la violence de genre". Celle-ci vise à prendre en compte, de façon cohérente et globale, tous les aspects des violences qu'ils soient éducatifs, préventifs, relatifs à la publicité, à la santé, sociaux, aux aspects judiciaires et financiers, à la formation des professionnels, à la protection
des victimes, relatifs au logement, à l'accueil des femmes menacées dans leur pays, etc. Cette loi représente un véritable saut qualitatif dans l'appréhension du phénomène. Et dans son exposé des motifs, il est même fait mention de l'oppression des femmes.
En France, nous disposons d’un attirail juridique, seulement il faut l’articuler et fournir les moyens d’assurer la prévention et la répression, l’accompagnement des victimes et le soin aux hommes violent. Les associations de femmes se mobilisent et ont proposé une loi cadre, à la suite d'une pétition qui a recueilli près de 16 000 signatures demandant son inscription à l'ordre du jour, le président de l'Assemblée a réuni une mission de la conférence des présidents d'évaluation de la politique de prévention et de la lutte contre les violences faites aux femmes. Celle-ci a travaillé durant six mois et a rendu son rapport en juillet.
En Eure et Loir, on évalue à 20 388 le nombre de femmes victimes de violences selon l’enquête réalisée en 2000 par ENVEF, 1400 femmes à Dreux, 600 à Vernouillet, 2000 à Chartres etc…
J’en appelle aux élu-es du département d’Eure et loir, à réagir en tant que responsables des politiques publiques. A tous les niveaux de leur mandat, un-e élu-e aujourd’hui ne peut plus fermer les yeux et s’en remettre aux associations ( CIDFF, AVIEL …) qui travaillent avec très peu de moyens, pour aider les femmes de toutes origines culturelles et sociales à faire face à ce fléau. http://www.infofemmes.com/
Les élu-es aussi doivent être informé-es des conséquences sociales et économiques des violences conjugales. http://ecvf.online.fr/.
Il faut renforcer les moyens, former les personnels, ouvrir une structure spécialisée et non envoyer les femmes en choc être hébergées http://www.solidaritefemmes.asso.fr/ewb_pages/a/association-lutte-violences-conjugales.php dans un « foyer classique » ou renvoyée chez elle par manque de réponses adaptées.
Il faut trouver les bonnes solutions, non la médiation pénale n’est pas une bonne réponse, il est impossible de mettre la femme victime face à son agresseur, même si celui-ci est son mari.
De plus, habitant-e du département d’Eure et Loir, je suis comme beaucoup outrée de voir au sortir des agglomérations des femmes soumises à la prostitution !! que font nos élu-es de la république !! République des droits de l’homme, pays les Lumières ?? http://www.fondationscelles.org/index.php
2010 a été décrétée grande cause nationale contre les violences faites aux femmes par le Premier Ministre , le 25 novembre 2009. Que pouvons nous encore attendre de cette année, de la communication ou bien de l’action ?
31 janvier 2010